Final Fantasy IV DS : le test
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Editeur : Square Enix, distribué par Ubisoft Développeur : Matrix Software Support : DS Genre : RPG Dates de sortie : - Japon : 20 décembre 2007 - Amérique du Nord : 22 juillet 2008 - Europe : 5 septembre 2008 Sites officiels : japonais, américain, européen |
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A combien de Final Fantasy IV sommes-nous ? Voyons voir, il a déjà été porté sur PlayStation, sur WonderSwan Color et sur GameBoy Advance... Allons, comment l'épisode porteur du numéro quatre aurait-il pu se contenter de trois rééditions ? Espérons que cette logique se confirme et que le remake DS soit le dernier, car bien que longuement justifié par ses créateurs, il tire sur une ficelle de plus en plus fragile. Sans doute jaloux de la refonte technique exemplaire dont a fait l'objet son grand frère, FFIV s'offre donc de nouveau à nous dans une mouture qui est, on l'espère, la plus aboutie. La différence avec les précédentes versions du titre est évidemment majeure, et je ne surprendrai personne en disant que c'est sur la base de ces changements que beaucoup vont juger les qualités de ce remake. Pas ceux qui se lancent dans FFIV pour la première fois, en tout cas. Mais dites-moi, connaissez-vous cet épisode sur le bout des doigts, ou bien n'y avez-vous jamais touché dans aucune de ses versions ?
Je connais Final Fantasy IV
Et c'est bien la raison pour laquelle ce remake n'est dépaysant que visuellement. Le reste dépend évidemment de deux choses : l'avis que l'on a de l'épisode original et la tolérance des choix pris dans le remake. C'est évidemment très subjectif, mais cela n'empêche pas FFIV DS d'avoir des charmes indéniables. Visuellement, la nouvelle direction artistique donne un peu plus de saveur à un monde qui était à l'origine peu expressif faute de puissance, et les cinématiques conservent le charme théâtral du scénario de l'époque. Celui-ci a bien vieilli et semble désormais fort décousu, mais le fan de la première heure ne peut que redécouvrir avec joie les moments les plus intenses. Même si les personnages ont gardé un aspect cartoon, la mise en scène, les doublages et la musique accentuent les innombrables tragédies que compte cet épisode. Et il faut bien connaître FFIV pour ne pas broncher devant les excès de cette histoire qui ne sait pas trop ce qu'elle veut.

Ducôté du système de jeu, les améliorations apportées ne dénotent pas avec le concept original. Au contraire, elles sont aussi pratiques (le système de combat automatique, une bénédiction quand vient l'épreuve du level up) qu'efficaces (les compétences bonus, qui pallient parfois à l'absence d'un job dans l'équipe). Qui plus est, le niveau de difficulté est loin d'avoir été revu à la baisse : j'ai même l'impression qu'il faut donner encore plus de sa personne qu'avec le jeu d'origine. Contrairement à FFIII, qui jouait la carte du découragement, FFIV sait se révéler stimulant, d'autant plus que de nouvelles quêtes ont été ajoutées en plus de celles déjà présentes sur GameBoy Advance. Le jeu nous offre malheureusement une petite dérive vers le casual gaming : le gros chocobo donne maintenant accès à une série de mini-jeux allant de pair avec Pochad, la nouvelle invocation de Rydia. On en pense ce qu'on veut, mais les épreuves disponibles sont plutôt amusantes.
Je ne connais pas Final Fantasy IV
Et c'est bien en cela que le jeu a un grand intérêt : il dépoussière un titre en 2D qui a sérieusement vieilli. Même s'il s'agit de celle un peu rustique de la console la moins puissante du marché, la 3D qu'il arbore efface virtuellement l'âge du jeu. Mais il est des rides qu'on ne peut effacer. Comme c'était le cas avec FFIII, FFIV n'a pas eu le droit à une vraie mise à jour scénaristique en plus de la mise à jour technique, même si les cinématiques doublées ont été réécrites. Difficile donc, après des épisodes à l'écriture toujours plus fine, de revenir à ce spectacle surfait et rempli de clichés. Pour le nouveau venu, l'un des rares intérêts de ce remake en terme de scénario vient de la présence d'éléments par la suite repris dans FFVIII et IX, notamment. En dire plus serait gâcher le plaisir, si toutefois il s'agit bien de plaisir.

En contrepartie, le système de jeu est tout ce qu'il y a de plus réussi : les nombreuses rééditions de FFIV ont finalement amené les développeurs à corriger leurs erreurs et à bonifier l'expérience globale. Le système de combat, qui est lent au départ, devient vite plus rapide et excitant, pour peu qu'on cautionne l'ATB. L'exploration est rendue encourageante par le pourcentage de la carte révélé (affiché sur l'écran inférieur) et les quêtes secondaires répondent présent, même si certaines demandent un niveau très élevé. C'est peut-être d'ailleurs ce qui risque de décourager certains : le jeu tout entier est plutôt difficile, autant pendant les combats normaux, qui peuvent vite tourner au massacre sans préparation, que face aux boss, qui nécessitent généralement une technique rôdée. Fort heureusement, nous sommes loin de l'inhumanité de FFIII : il est possible de sauvegarder dans les donjons !
Conclusion
Selon le « camp » dans lequel vous vous trouvez, Final Fantasy IV DS peut être tout et son contraire : abomination pour les férus de l'épisode original, merveille pour les nouveaux venus en quête d'une aventure riche et prenante. Mais vous pouvez aussi adorer le jeu d'origine et son remake, ou bien le découvrir à cette occasion et avoir envie de partir en courant dès les premières minutes. Objectivement, FFIV dans sa nouvelle mouture est un très bon jeu. Les graphismes sont remarquables pour la console, la direction artistique est basique mais cohérente et efficace, le système de jeu se révèle complet et prenant, la bande son est jolie, la durée de vie honnête... La seule victime de l'épreuve du temps est le scénario. Malgré son charme old school rhabillé, il n'intéressera que ceux qui n'ont jamais vu autre chose que des sacrifices en veux-tu, en voilà, ou du théâtre classique. « Théâtral » n'est pas une insulte : FFXII a su brillamment réconcilier la série avec ce mot. Il faut simplement voir quel type de théâtral. Celui d'une époque où les développeurs, plus enthousiastes que jamais, n'osaient pas se donner de barrières. Difficile de faire comme si de rien n'était, dix-sept ans après.
| Points forts | Points faibles |
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- Refonte technique remarquable - Cinématiques stylées malgré tout - Du challenge mais pas insurmontable - Des nouveautés intéressantes |
- Le scénario a beaucoup vieilli - Reprises musicales inégales |
| Note globale | 7/10 |
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KujaFFman - 04/09/08 @ 23:39
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